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anciennes voutes avant la restauration


Seuls vestiges de l’abbaye édifiée à Hagetmau, au bord du Louts, sur le lieu de la mort de Saint Girons, (Gerontius) évangélisateur de cette partie de l’Aquitaine gallo romaine appelée Novempopulanie, au IVe siècle, et qui fut tué par les Vandales vers 409 alors qu il s’était rendu sur la sépulture de son compagnon et martyr Saint Sever.


les châpiteaux









Joyau de l’art roman, la crypte restaurée est supportée par quatre colonnes centrales en marbre rouge et noir rapportées ici et provenant semble t’il d'un édifice gallo-romain antérieur,( elles y ont été ajustées en hauteur par des fûts en pierre). Ces colonnes centrales entourent un soubassement central dallé dans lequel on peut supposer le socle du tombeau objet de culte et de vénération des pèlerins. Dix autres colonnes sont engagées dans les murs.

Elles sont coiffées d’un bel ensemble de quatorze chapiteaux romans à tailloirs de styles différents, témoins de l’art roman landais. Plusieurs a décoration végétale stylisée, d’autres d’interpretation bestiaires, et trois historiés avec personnages (Lions dévorant des hommes, ou attaqués par des chiens sur lesquels sont perchés des oiseaux, hommes disputant des grappes à des oiseaux, figuration de l'histoire de Lazare et peut-être une scène de la vie de Daniel accompagnée d'une inscription latine inintelligible), sûrement l’oeuvre d’ouvriers ayant travaillé a l’abbatiale de Saint-Sever.

Lors de la restauration entreprise entre 1905 et 1908, la voûte est transformée par le remplacement des croisées d’ogives originelles. Les murs sont par ailleurs été surélevés pour ménager une salle haute. Enfin, une façade est ajoutée pour clore le monument.
Tout autour de la crypte court un banc de pierre , servant de lieu de prière ou de repos aux pèlerins
Une niche funéraire contenait dit-on jusqu'à la fin du XIXe siècle dernier un petit cercueil en pierre rempli d'ossements.

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état ancien de la crypte

vestiges





Selon la tradition, la création du premier tombeau sur l’emplacement d’un édicule commémoratif primitif remonterait à Charlemagne qui s’y serait arrêté en 778, à son retour de l’expédition en Espagne, avant de faire transférer une partie des reliques à Bordeaux (église Sainte Eulalie).

Mais on ne trouve trace d'une communauté religieuse qu'à partir du XIIe siècle. Après le saccage par les Normands, vers 859, du premier édifice abritant les restes du saint, une abbaye est alors reconstruite, comprenant une église, une crypte, une salle capitulaire, un cloître et des bâtiments conventuels. Située sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, elle accueille les pèlerins sur la voie de Vezelay.

Détruite par les huguenots de Montgomery en 1569, on élève bien sur les ruines une nouvelle église mais les guerres de religion mettent fin à l’ancienne prospérité pour faire place à une longue décadence . C’est à cette époque que les restes de reliques auraient été translatées à Saint Girons en Couserans.

A la fin du XIX ne subsistent que l’église abandonnée, les restes d’une galerie du cloître et les ruines de la salle capitulaire voûtée, transformée en chapelle. L’église est rasée en 1904.

vue avant la démolition








Abbé Meyranx : Saint Girons, son culte, sa crypte, sa collégiale - Bull. Société de Borda - 1888 à 1890 -
E. Taillebois : La crypte de Saint-Girons à Hagetmau - Congrès Soc. Archéol., LV – 1889 -
J. Cabanot : Hagetmau, crypte de Saint-Girons- Amis des églises anciennes des Landes - Mont-de-Marsan – 1990 -

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